LE PROJET : A LA PORTÉE DES CORPS

Ce parcours exclusivement féminin a pour but d’aborder la corporalité mais aussi d’offrir via des ateliers et des sorties aux spectacles une ouverture à la vie culturelle. Les ateliers sont menés par l’artiste Sandrine Ricard (artistes acrobates, clown et danseuse). Les enjeux sont de renforcer les collectifs de femmes sur le quartier, de leur permettre de réaliser un exploit physique et collectif, de développer leurs liens et leur confiance en l’autre et en elles-même. Le projet permet de créer une notion d’engagement, de questionner l’intime et le sensible par le travail du corps et du collectif. 

Septembre 2020 > juin 2022

JOURNAL DE BORD

ANNÉE 2022

8 ateliers exclusivement féminins autour du corps, de l’intime, du toucher avec l’artiste Sandrine Ricard à destination des femmes du quartier de Villejean. 

© AY-ROOP – Marie Dutter

Mercredi 4 mai

Après les étirements des différentes parties du corps, chaque participante choisit une musique et entraîne les autres au rythme de la musique avec différents mouvements dansés. Les participantes ont ainsi pu découvrir quelques pas sur de la musique kabyle ou encore s’ambiancer sur Take on me et la Macarena !

Sandrine a également abordé les portés, profitant de la présence de la fille d’une des participantes pour la faire monter au sommet des pyramides sous le regard parfois inquiet de sa maman. Mais les participantes tiennent sans problèmes ! 

Le groupe a, au fur et à mesure des ateliers, développé un véritable lien de confiance, bien visible sur les exercices de poids et contrepoids.

Mercredi 27 avril – Sortie au chapiteau

Les femmes sont venues nombreuses voir le spectacle Low Cost Paradise du Cirque Pardi!, la plupart accompagnées de leurs enfants. La découverte des artistes a inspiré certains enfants, qui se sont découverts une fascination pour le cirque et s’imaginent déjà sur les trapèzes ! Cette sortie a été très appréciée, offrant une vision artistique très poussée de ce que peuvent aborder les femmes lors du parcours, comme les mouvements dansés, le travail des émotions et le clown. 

Mercredi 27 avril – Atelier

Après l’échauffement, les participantes se déplacent en ligne, d’abord allongées, puis se grandissant de plus en plus sur toute la traversée de la salle, jusqu’à finir debout sur la pointe des pieds, les bras levés et les mains tendues vers le plafond. 

Sandrine montre l’un des fondamentaux du clown : savoir chuter et trébucher tout en restant digne ! D’abord, toutes s’entraînent à trébucher “pour de faux” ensemble, en cercle. Une fois les fous rires passés, on découvre une véritable capacité à chuter presque comme en vrai ! Chacune des femmes avance à tour de rôle, faisant semblant de trébucher et d’être entraînée par son poids. 

L’atelier continue avec un jeu de “miroir” qui consiste à faire le même geste côte à côte sans regarder l’autre, sauf en vision périphérique. Cela oblige les participantes à être très concentrées sur ce qu’il se passe, à l’écoute de sa partenaire. Le mouvement répété par toutes crée une certaine harmonie malgré la difficulté de l’exercice. 

Mercredi 16 mars

Aujourd’hui, Meyssane, la fille d’une des femmes, se joint à l’atelier, et du haut de son jeune âge, participe comme les grandes ! 

L’atelier commence tranquillement avec des exercices de yoga et une salutation au soleil, de quoi bien commencer la journée en détendant ses muscles (et faire craquer tout son corps !). Les participantes se remémorent les mouvements chorégraphiques imaginés et travaillés les premières séances. Même si c’est parfois compliqué, Sandrine a bonne mémoire et ajoute même quelques variations !  

La séance finit sur une sorte de “Times Up”, où les participantes doivent mimer une action ou un personnage et les autres doivent deviner ce dont il s’agit. Les femmes ne se montrent pas très enthousiastes face à ces improvisations, au fait de lâcher prise et de se lancer sans exemple. Jouer la comédie n’est pas forcément très évident pour tout le monde !

Mercredi 9 mars

Les femmes reprennent la chorégraphie vue la fois précédente, puis s’échauffent en douceur avec des étirements et de la danse. Sandrine montre de nouveaux mouvements dansés, repris par les participantes. Elles se déplacent dans l’espace tout en exprimant plusieurs émotions, ce qui est moins facile qu’il n’y paraît ! Eh oui, ce n’est pas évident de jouer une émotion sur demande !

Par groupes de deux, assises l’une en face de l’autre, les femmes tiennent dans chaque main le bout d’un foulard, relié aux mains de celle d’en face. À tour de rôle, elles exercent des mouvements avec les foulards, entraînant sa partenaire dans un même geste. L’une des femmes, d’origine kabyle, s’empare d’un foulard pour le nouer autour de sa taille et montrer des mouvements de danse kabyle, mettant en avant une incroyable souplesse des épaules !

Mercredi 2 mars  Espace Parents – Villejean

Premier atelier dans lesquels des femmes du quartier travaillent sur le corps, le mouvement, l’intime et la théâtralité avec l’artiste circassienne Sandrine Ricard. Elle invite à proposer de manière individuelle pour le collectif, à faire ensemble.

L’atelier commence avec des étirements en douceur, sur une musique calme. Puis sur une musique plus énergique, ils se font plus rapides, 8 temps, 4 temps, 2 temps (ça devient compliqué !)

Les femmes créent une chorégraphie collective, où chaque participante propose un geste. Sandrine incite un travail sur le chœur, le chant, où chacune peut choisir d’être la meneuse qui chante en solo et dont le chant est repris par les autres.

Elles traversent la pièce à tour de rôle, avec pour objectif de regarder les autres dans les yeux en gardant une posture « neutre ». Il est difficile de garder son sérieux ! L’exercice s’est finalement transformé : la base reste la même, mais le regard et la posture indiquent une émotion précise et amplifiée.

Par groupe de deux, les femmes se font face, chacune d’un côté de la pièce qu’elles traversent en se croisant et en exprimant différents états définis par Sandrine, comme la timidité, la cordialité ou encore l’explosion de joie. Elles apprennent ainsi à jouer des émotions à travers le regard et le rapport à l’autre.

Ateliers au féminin avec l’Espace Parents de l’École André Chédid (Réussite Éducative de Villejean) et le Centre Social de Villejean : 10h d’ateliers, 12 participantes
En 2020, nous avions noté le manque de participation des femmes du quartier aux projets participatifs par peur du contact avec les hommes. Nous avions proposé plusieurs temps de pratique et de rencontre avec l’artiste de cirque Sandrine Juglair à des femmes du quartier afin qu’elles puissent disposer de moments de découverte au sein d’un espace sécurisant. 

En parallèle de notre Résidence de territoire à Villejean, nous avons proposé avec l’artiste Sandrine Ricard (acrobate et clown) des séances de pratique sur la corporalité et le faire ensemble ainsi qu’une sortie au spectacle en juin avec les représentations de Demain Hier (spectacle de clown tout public). Sandrine Ricard a travaillé sur une approche centrée autour du corps et du collectif. Plus globalement, elle a proposé une pratique qui met en jeu le corps, a donné accès à une discipline qui peut apparaître comme réservée aux hommes et a renforcé les collectifs de femmes existants sur le quartier par le partage de ce projet en commun.

Cette initiation a été appréciée des femmes du quartier. Ces dernières étaient très volontaires et participaient avec enthousiasme même sur des exercices qui leur semblaient difficile. Elles ont exprimé leur satisfaction à la fin des séances et ont été force de proposition sur les ateliers en inventant des temps dans les séances liées à leurs pratiques culturelles. Elles ont apprécié ces moments pour elles qui leur permettait de se détendre et de prendre soin d’elles. 
À l’issu de deux séances en jauge réduite (dû au COVID) une amélioration était déjà visible au niveau de la confiance dans le groupe. Dès que le contexte l’a permis, 3 autres séances en jauge normale ont été réalisées. Une progression notable s’est opérée dans la libération du mouvement et dans l’acceptation du regard de l’autre.

Le projet s’est clôturé avec le spectacle Demain Hier présent sur Villejean pour permettre aux participantes de venir en famille voir cette proposition clownesque qui fait suite aux séances auxquelles elles ont participé.

Suite en 2022.